AccueilAnalysesLe Stewardship en 2022 – Diversité des sexes et considérations environnementales

Le Stewardship en 2022 – Diversité des sexes et considérations environnementales

FiBee | Les actualités économiques et financières

Le stewardship et le dialogue avec les entreprises sont au cœur de notre stratégie de durabilité et, pour nous, la saison annuelle des assemblées générales d’actionnaires est un moment important pour faire entendre notre voix en faveur de la transition énergétique, de la durabilité environnementale, de l’égalité et de la croissance inclusive. 

Cette année, nous avons décidé de renforcer la priorité accordée à la diversité des sexes [1] et aux considérations environnementales (dérèglement climatique et biodiversité) en exprimant régulièrement nos votes lors des assemblées – d’entreprises ou d’émetteurs – que nous détenons au nom de nos clients, afin d’influencer leur comportement et leur stratégie, de faire une vraie différence et d’avoir un véritable impact.

Nous devons utiliser les mandats que nous attribuent nos clients pour promouvoir les meilleures pratiques de gouvernance et agir en tant qu’investisseur responsable. Il peut donc nous arriver de nous opposer aux résolutions de la direction lorsque nous estimons qu’elles vont à l’encontre d’une gouvernance judicieuse ou qu’elles ne répondent pas à nos standards élevés en matière de conduite responsable des affaires.

Ne soyez pas timide – Votez contre

Notre politique de vote ambitieuse a vocation à insuffler de véritables changements. Nous pouvons par exemple être amenés à durcir nos exigences sur les thématiques du climat et de la diversité.

Par exemple, nous visons 30 % de femmes dans les conseils d’administration en Europe et en Amérique du Nord. Si ce critère n’est pas rempli, nous voterons contre la nomination de tout nouvel administrateur masculin.

Il faut savoir que la taille de l’entreprise, son pays de domiciliation et les réglementations locales ont une influence marquée sur la présence des femmes aux conseils d’administration. Les investisseurs doivent donc tenir compte de ces facteurs lorsqu’ils évaluent cette dimension de la gouvernance.

Selon nous, les débats d’un conseil d’administration diversifié sont plus denses et constructifs et permettent de mieux interpeler les équipes de direction. Au final, une telle caractéristique permet d’améliorer les performances de l’entreprise. De nombreuses études ont en effet montré que les entreprises ayant de bonnes pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) se comportaient bien sur le long terme. [2]

Contrairement à nos pairs, nous nous sommes abstenus et avons voté contre dans environ un tiers des cas lors des assemblées d’actionnaires en 2021 (voir Graphique 1), alors que le « taux d’opposition » du secteur est d’environ 10 %. Au-delà des élections et de la diversité des administrateurs, la rémunération des dirigeants est un autre enjeu majeur sur lequel nous nous sommes opposés en moyenne à hauteur de 60 % des propositions.

Outre le vote, nous dialoguons avec les entreprises, les émetteurs souverains et les autorités publiques pour améliorer leurs pratiques ESG.

Dans ce domaine, nous constatons un nombre accru d’initiatives collectives. Prenons l’exemple de l’initiative Climate Action 100+, dont nous sommes membres. Elle réunit des investisseurs gérant 60 000 milliards de dollars d’actifs qui veulent user de leur influence pour inciter les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre le changement climatique.

Quelles nouveautés en 2022 ?

Chaque année, nous passons en revue notre politique de gouvernance et de vote afin de l’adapter aux nouvelles pratiques ESG et aux défis en la matière. Selon nous, grâce à cette politique, l’année 2022 pourrait marquer un tournant en termes d’intégration ESG puisque nous tenons désormais compte des enjeux ESG dans nos décisions de vote en lien avec les thèmes suivants :

  • renforcement des attentes en matière de climat
  • attentes en matière de biodiversité
  • entreprises affichant de faibles notations ESG.

Lorsque les entreprises ne répondent pas à nos attentes, nous nous opposons aux résolutions de la direction liées :

  • aux élections des membres du conseil d’administration
  • aux décharges du conseil d’administration et de la direction
  • aux états financiers.

Dans le domaine climatique, nous nous opposerons aux résolutions si l’entreprise fait partie des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre (GES) au monde et ne s’est pas fixé d’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Cette attente vient s’ajouter à notre exigence d’un reporting approprié sur l’empreinte carbone, d’une stratégie d’adaptation au changement climatique et d’un lobbying climatique conforme à l’Accord de Paris.

En ce qui concerne la biodiversité, et compte tenu de notre Feuille de route en la matière, nous attendons des entreprises qu’elles évaluent et rendent compte de leurs principaux impacts et dépendances vis-à-vis de la nature, en particulier celles évoluant dans des secteurs à fort impact, et en donnant la priorité à la déforestation et aux problématiques relatives à l’eau.

Nous observons également de plus en plus de propositions liées aux politiques climatiques (« Say on Climate »). Les entreprises soumettent ces résolutions pour donner aux actionnaires la possibilité de voter sur leur politique climat.

Lors du vote sur ces propositions, nous vérifions si l’entreprise s’est fixé et a communiqué des objectifs pour tous les types d’émissions de GES, si elle cherche à atteindre des émissions « nettes nulles » au plus tard en 2050 et si elle assure un reporting sur sa gouvernance climatique, sa stratégie, sa gestion des risques et les indicateurs utilisés.

Enfin, dans le cadre de notre dialogue avec les entreprises, nous plaidons en faveur de l’inclusion de critères ESG dans la rémunération des dirigeants. Nous nous opposerons désormais aux plans de rémunération lorsque l’entreprise n’inclut pas de critères de performance ESG dans les mécanismes de rémunération de ses dirigeants.

Pour résumer, en 2022, nous allons réaffirmer notre engagement à « joindre le geste à la parole », exploiter notre long historique de vote et placer la barre encore plus haut en matière d’investissement durable.


Vous pouvez également regarder cette vidéo de Michael Herskovich, responsable mondial du stewardship

Investisseur durable – BNP Paribas AM – Michael Herskovich


Références

[1] BNP Paribas Asset Management a mené une étude mondiale sur le nombre de femmes dans les conseils d’administration en prévision des AGA de 2022. Cette étude compare les 3 500 entreprises dans lesquelles nous investissons avec les 17 000 sociétés cotées figurant dans la base de données d’ISS (Institutional Shareholder Services). Plus d’informations ici :https://investors-corner.bnpparibas-am.com/investing/international-womens-day-getting-on-board-with-diversity/

[2] Cf. par ex., « Diversity wins. How inclusion matters », McKinsey & Co, mai 2020

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